Le week-end dernier au MAC/VAL était placé sous le signe du « ludique dans l’art » : le public était invité à découvrir une série de jeux d’artistes acquis par le centre de documentation du musée. En voici une sélection…
Alphabeasties est un alphabet composé d’animaux, prenant la forme de 26 tuiles recto-verso. Chaque animal est constitué de la lettre qui commence son nom. Sur l’autre face, elles forment un puzzle à placer au sol. Les illustrations sont signées Sharon Werner et Sarah Forss. Le jeu est adapté d’un album illustré par les mêmes auteurs.



Il est possible d’acheter le jeu et le livre. Plus d’images ici. On avait également parlé de l’alphabet de Mark Long, sur un principe proche, et aussi de cet autre tapis puzzle.
Un autre projet basé sur le graphisme est celui de Claire Dé, édité par Les Grandes Personnes. À l’aide d’éléments présentés dans un livre, plusieurs types de jeu sont possibles, autour des objets ménagers.


Il s’agissait ici d’identifier le premier un objet donné, en les repérant dans l’un de ces grands posters. La couleur des ustensiles peut varier, ce qui rend la tâche plus difficile…
Les visiteurs pouvaient également goûter le jeu de Ben sur le monde de l’art. Le but affiché est d’ « atteindre l’arbre de la connaissance », ce qui laisse quelque peu dubitatif… Je vous laisse apprécier l’humour un peu revanchard des cartes à tirer, ci-dessous. Le tout me rappelle un jeu de société récent, qui proposait de faire son chemin dans le monde littéraire.



Dans la catégorie des jeux de construction, deux jolis ovnis méritaient le détour. Le premier est édité par MoMA Modern Kids : il propose de construire un « salon moderne » à l’aide d’éléments de décoration en carton. Le tout a un petit côté David Hockney, tout à fait charmant.


Le deuxième projet a été conçu, m’a-t-on dit, par un étudiant en muséographie d’une école d’art de Strasbourg (si vous retrouvez son nom, faîtes-moi signe…) Il s’agit de construire la scénographie de votre musée : vous disposez de plusieurs schémas d’assemblage, de cloisons, et surtout d’une série d’œuvres miniatures (une Joconde, un paysage, un calotype…) Tout cela rappelle la Boite-en-valise de Duchamp. C’est donc à la fois un musée portatif, et un musée dont la forme est modulable, et cela me plait beaucoup.


Enfin, les visiteurs pouvaient se prêter à une série de « jeux de geste » – en fait des propositions de performance, façon Fluxus. Les descriptifs des performances suivantes étaient par exemple mis à disposition du public : une Following Piece de Vito Acconcci (1969) qui consiste à prendre un passant en filature chaque jour, une action de Philippe Cazal, « Je perds mon temps » (1978) qui nous invite à hurler cette phrase dans un magnétophone pendant 45 minutes. Carole Douillard proposait quant à elle, avec A Sleep, une séance de « sommeil public » : « je suis allongée sur le sol. Je suis couverte d’un vêtement chaud, manteau, veste. Je tente de m’endormir malgré l’inconfort de ma posture, la dureté du sol, la lumière, la présence de personnes autour de moi. »
Avec tout ça, à cause de la visite gustative que nous organisions à côté, j’ai raté la version karaoké de la Ursonate de Kurt Schwitters. Dommage ?
En tout cas, j’espère que le MAC/VAL reconduira l’expérience, peut-être au gré d’autres acquisitions.
Si ces jeux vous ont plu, intéressé ou intrigué, n’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires !
Images : © Toys don’t cry