le "jeu de Topo" de Jean-Michel Sanejouand

Le Palais de Tokyo accueille en ce moment le « jeu de Topo » de l’artiste Jean-Michel Sanejouand. On peut l’admirer sous sa vitrine mais aussi le toucher, le manipuler et même y jouer…

Règle du jeu

Deux joueurs A et B situés de part et d’autre d’une surface carrée sur laquelle sont tracées des lignes parallèles :
6 lignes « en pointillés » découpent en 7 bandes égales le terrain de jeu. Une ligne continue derrière laquelle sont rangées les 8 pièces du joueur B.
Les pièces du jeu = 2 ensembles de 8 cailloux (chaque ensemble réunit des cailloux de même famille ou de même couleur ou de même provenance).

Le joueur A répartit sur le terrain du jeu ses 8 cailloux de la façon qu’il estime, de son point de vue, la plus satisfaisante, sans tenir compte des lignes pointillées qui ne sont là que comme repères : c’est le 1er coup de la partie.

Le joueur B juge cette répartition de son point de vue (diamétralement opposé). Si elle lui convient, la partie est terminée. Sinon, il place une de ses pièces où il le désire sur le terrain. C’est le 2ème coup.

Il crée ainsi une nouvelle configuration qui reçoit ou non l’approbation du joueur A.
Celui-ci va réagir en modifiant sa configuration initiale mais il ne peut le faire qu’en déplaçant une seule de ses pièces.
La partie se poursuit ainsi au coup par coup.
Les joueurs peuvent rejouer les mêmes pièces autant de fois qu’ils le désirent. Le joueur B ne peut pas faire revenir dans sa réserve (derrière la ligne continue) une pièce qui en est sortie.

Il n’y a ni gagnant ni perdant :
La partie se poursuit jusqu’à ce que les 2 joueurs-partenaires réalisent une configuration de cailloux qui les satisfassent pleinement, l’un et l’autre, chacun de son point de vue.

Ces jeux sont répartis en grand nombre (sur les chemins, dans les champs, dans les maisons, etc).

Les cailloux peuvent être recherchés et choisis par chaque joueur.

 

L’idée que la partie est terminée quand les deux participants sont heureux et satisfaits de la forme obtenue communément me plait beaucoup ! Si le temps de la partie reflète de manière allégorique le temps nécessaire à chacun pour accepter l’autre et composer avec en quelque sorte, la finalité du jeu et sa forme d’objet d’art exposé invitent à contempler l’accomplissement d’un échange respectueux et fructueux. En cela le jeu propose avec élégance et humour un message de paix pour l’humanité. Pas question ici de se lancer des cailloux à la figure ou de se jeter la pierre… Le fait que l’artiste utilise ces morceaux de Terre comme pions et précise à la fin de la règle que ce jeu est à la portée de tous en tous lieux, renforce la suggestion d’un mode de conduite universel et intemporel. Un vrai jeu de société en somme.

Photos : Laurent Hodebert