Kumi Yamashita

Dans cette œuvre, l’artiste japonaise Kumi Yamashita, basée à New York, utilise des cubes en bois pour créer des sculptures d’ombre et de lumière. On peut voir son travail ici.

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Annette Messager – Faire des cartes de France

annette messager faire des cartes

J’ai reçu récemment d’un ami cette photographie d’une œuvre d’Annette Messager, « Faire des cartes de France », qui fait partie des collections du LaM de Villeneuve d’Ascq. En ce jour de premier tour de l’élection présidentielle, la chose me semble assez appropriée. Voici un extrait de la présentation du musée :

« Faire des cartes de France repose sur un jeu de mots amusant et pervers. L’expression servait, durant l’Ancien Régime, de litote pour évoquer les premières pollutions nocturnes du souverain qui assuraient ainsi au pouvoir son avenir. A Versailles, les draps du roi faisaient l’objet d’analyse de la part de certains voyants et conseillers qui essayaient de déchiffrer dans ces motifs du hasard l’avenir politique du pays. L’interprétation de ces souillures royales a été comprise comme l’ancêtre parodique des premières lectures iconologiques. Évoquant autrefois, par le biais de l’intime, le destin national, l’expression, désormais tombée dans le langage populaire, illustre ce passage de l’état d’enfance à l’adolescence ; mettant des mots sur cette expérience de l’abandon – et donc de la perte et de la mort – qui caractérise les étapes essentielles de la vie humaine. »

J’essayais récemment de dénombrer les artistes ayant créé ou détourné des cartes, et il y en a vraiment beaucoup. La dernière que j’ai pu voir était une installation intitulée Trampolin 1 2 3 4 5, de l’artiste chinoise Shen Yuan, à la Cité de l’immigration. On y voyait des cartes de Chinatown brodées sur des couvre-lit – une autre collusion entre une représentation nationale et la sphère de l’intimité.

On a déjà parlé d’Annette Messager ici.

Photo : Philip Bernard. © Adagp Paris, 2010

Entretien avec Dominique Ehrhrard

Dominique Ehrhard

Dominique Ehrhard est peintre, illustrateur et auteur de très nombreux jeux de société, dont Méditerranée, Condottiere, Sylla, Marrakech et, plus récemment, Water Lily ou Tschak. Après des études d’arts plastiques à Strasbourg et un long séjour au Maroc, il poursuit aujourd’hui ses activités entre l’édition, le monde du jeu et celui des galeries. Il nous a expliqué que pour lui, « la spécificité du jeu, c’est de proposer une forme qui n’est pas définitive et aboutie : une forme ouverte, qui va se développer, se transformer grâce à des participants ultérieurs, les joueursLe jeu, c’est d’abord une idée, qui peut s’incarner dans des formes différentes sans être modifiée fondamentalement. » Il a répondu à nos questions lors du Festival international des jeux de Cannes en février dernier, et c’était une belle rencontre.

Vous êtes peintre, auteur de près de soixante jeux et illustrateur. Quelle est votre activité principale ?

Ces trois activités ne sont pas vécues de la même façon, bien qu’elles concentrent depuis toujours l’essentiel de mes préoccupations. Mais il y a une frustration dans l’unicité de l’œuvre c’est pourquoi j’aime beaucoup travailler dans le milieu de l’édition qui me permet de toucher un public beaucoup plus vaste. L’édition enfant me permet de concilier mon goût pour l’image, le travail sur le concept même de livres. L’illustration traditionnelle qui consiste à s’adapter à l’univers d’un écrivain n’est pas vraiment ce que je préfère, il s’agit plutôt de concepts originaux basés sur des illustrations que j’agrémente d’un peu de textes. L’illustration de jeux est encore un domaine différent puisque la plupart du temps je suis l’auteur du jeu et je considère que l’illustration doit avant tout être mise au service du jeu. Si le type d’image que je suis capable de réaliser pour un jeu ne correspond pas à ce que je pense être le plus adapté, je préfère que ce soit quelqu’un d’autre qui le fasse. Il m’est aussi arrivé rarement d’illustrer le jeu d’un autre auteur, mais c’est une activité tout à fait marginale dans ma production.

Vous avez récemment signé l’illustration de Dixit Jinx (Libellud), pouvez-vous en parler ?

Jinx, c’est une histoire particulière. L’auteur espagnol, Josep Maria Allué, m’a présenté ce jeu, pour avoir mon avis en tant qu’auteur. Il partait de petits dessins gribouillés, et je lui ai dit que cela marcherait vraiment bien, à mon avis, avec des graphismes un peu pop, simplifiés, mi-abstrait mi-figuratif. Il ne voyait pas trop ce que je voulais dire et j’ai commencé à griffonner deux ou trois images. L’éditeur, Régis Bonnessée, de Libellud, était présent et m’a dit : « si tu l’illustres, j’édite le jeu ». Ce n’est pas mon style de peinture du tout, mais pour moi c’est une forme de délassement de peintres, le « BA Ba » de la peinture, comme faire ses gammes : couleurs, valeurs, graphisme, composition… Il y a également de nombreuses références à des univers graphiques que j’admire.

Quelles sont ces références ?

Elles ne sont pas directes, ce sont des clins d’œil – l’idée du jeu est justement de faire des images ambiguës. Il y a certaines choses qu’on reconnaît directement comme les bonshommes Kodak, des gravures et des peintures de David Hockney, de la figuration narrative, des mots emprunts au Pop Art. Il y a aussi des clins d’œil immodestes à mes propres tableaux, à la BD, à l’illustration pour enfant, comme à Bruno Munari qui a lui-même œuvré entre le graphisme et le jeu.

Dixit Jinx

Dixit Jinx

"Dixit Jinx" de Josep M. Alué (éditions Libellud)

L’illustration du jeu Boomerang est, au niveau de la touche et de la matière, plus proche de ce que je fais en peinture. J’ai également illustré un jeu de Reiner Knizia, Medici, à la demande de Philippe des Pallières. Il m’avait proposé de réaliser une illustration jeu comme si c’était une peinture. Pour faire le test supérieur, les deux tableaux qui ont servi au plateau et la couverture de la boîte ont été exposés dans une galerie sans préciser de quoi il s’agissait, elles ont été vendues comme les autres tableaux. Jinx est très différent, ce sont des archétypes, des schèmes. Comme l’architecte Aldo Rossi lorsqu’il remplit ses carnets de maisons archétypales à partir d’une série de formes élémentaires.

Boomerang

"Boomerang" de Dominique Ehrhard et Michel Lalet (éditions Lui-même)

Toys don’t cry s’intéresse aux rapports entre l’art et les jeux. Quels sont les relations entre ces deux sphères, de votre point de vue d’artiste et d’auteur de jeux ?

Il y a quelques années, j’animais une rubrique dans « Jeux sur un plateau ». J’avais pensé écrire une série d’articles sur les rapports entre l’art et le jeu, mais je n’ai jamais trouvé le temps de les écrire. Ce qui est amusant, c’est que quand le monde de l’art s’accapare du jeu, c’est toujours sous une forme caricaturale, celle du jeu de l’oie, ou des échecs… Et quand le monde du jeu s’accapare le monde de l’art, c’est le plus souvent sous la forme du marché boursier, comme dans Art Moderne de Reiner Knizia. On n’est jamais, dans un cas comme dans l’autre, dans ce qui fait la spécificité de chaque domaine. Il y a une espèce de méconnaissance totale, et on n’adopte que la forme extérieure et caricaturale de la chose. On choisit des formes arriérées et rétrogrades : le Monopoly, le jeu de l’oie… Des schémas qui dans le monde du jeu sont dépassés. Par exemple, quand Ben fait un jeu, c’est un jeu de l’oie, et ça n’a aucun intérêt ludique. Mais c’est peut-être nécessaire pour que le public l’identifie à l’idée qu’il se fait du jeu.

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Laurie Simmons

Laurie Simmons

Laurie Simmons

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Visite gustative au MAC/VAL

Le MAC/VAL, à Vitry-sur-Seine, inaugure le 9 mars prochain son nouvel accrochage, consacré aux visions de l’avenir. À cette occasion, Emmanuelle et moi avons mené une « visite gustative », dans le prolongement de notre jeu « Et Toque ! » : il s’agissait d’appréhender les œuvres du musée par le biais de la cuisine. Le public était nombreux au rendez-vous. J’espère qu’il a apprécié cette visite, comme nous nous sommes amusées à l’imaginer (voir l’article sur la préparation de cette visite).

Voici un résumé en images du parcours…

Le Fabricant de rêve, Thierry Fontaine (2008)

Ingrédient : noix de cajou à la truffe

thierry fontaine

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Oiseaux découpés

Ces oiseaux d’une grande légèreté, signés Claire Brewster, sont découpés dans des cartes topographiques et jouent de leurs couleurs et de leurs lignes.

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Jeux d’artistes au MAC/VAL

Le week-end dernier au MAC/VAL était placé sous le signe du « ludique dans l’art » : le public était invité à découvrir une série de jeux d’artistes acquis par le centre de documentation du musée. En voici une sélection…

Alphabeasties est un alphabet composé d’animaux, prenant la forme de 26 tuiles recto-verso. Chaque animal est constitué de la lettre qui commence son nom. Sur l’autre face, elles forment un puzzle à placer au sol. Les illustrations sont signées Sharon Werner et Sarah Forss. Le jeu est adapté d’un album illustré par les mêmes auteurs.

Alphabeasties

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Barbie oeuvre d’art

Otto Dix et Barbie - Toys don't cry

Jocelyne Grivaud a recréé une série de tableaux phares de l’histoire de l’art, en mettant en scène des poupées Barbie. Ici, successivement, le Portrait de la journaliste Sylvia von Harden par Otto Dix (1926), la Jeune fille à la perle de Vermeer (1665), et L’Evidence éternelle de Magritte (1930).

Toys don't cry - Vermeer et Barbie

Toys don't cry - magritte et barbie

Toys don't cry - Le mépris Barbie

Elle s’est aussi attelée à des scènes de films… J’avoue un petit faible pour sa version du Mépris de Godard.

Images : Jocelyne Grivaud

Source : The Guardian

Visite gustative au MAC/VAL en préparation…

Quelques aperçus des préparatifs de la visite gustative qu’Emmanuelle et moi organisions ce dimanche au MAC/VAL. Il s’agissait de proposer des expériences gustatives autour de certaines œuvres, pour un public plutôt familial.

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Toys don’t cry au MAC/VAL

Emmanuelle et moi organisons une « visite culinaire » au MAC/VAL dimanche prochain, en prolongement de notre jeu « Et Toque !« .  Depuis quelques semaines, on essaye d’imaginer des liens entre les œuvres du nouvel accrochage du musée et des choses à manger… On a  multiplié les tests avec des colorants alimentaires, des textures bizarres et des dispositifs scénographiques un peu extrêmes avec le public. Puis on a fait le tri entre les idées, et on a mené une petite visite-test aujourd’hui. On peut juste vous dire que ce sera bon !

Ce week-end, le MAC/VAL consacre justement plusieurs ateliers aux jeux, dans le cadre d’une manifestation intitulée « Du ludique dans l’art » : outre cette visite, des jeux d’artistes seront mis à disposition du public samedi et dimanche, à partir de 14h. Venez y faire un tour ! Si vous êtes à Paris, le MAC/VAL n’est vraiment pas loin.

Disney n’est plus ce qu’il était

La série « Disanchanted » de l’artiste mexicain Rodolf Loaiza.

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Labyrinthe en valise : trouvez la règle du jeu !

Dans le cadre de l'exposition "Erre, variations labyrinthiques" qui se tient en ce moment au Centre Pompidou-Metz, un concours a été ouvert pour inventer la règle d'un jeu : l'affaire se nomme "Labyrinte (sic) en valise", en référence à la Boite-en-valise de Marcel Duchamp.

Vue de près, la petite boite noire offre, outre quelques particules de cendres qui auront vite fait de s'en échapper, 49 cartes illustrées de constellations, de mots énigmatiques et de dessins mystérieux. Le trait est discret, presque estompé, le mysticisme est apparemment de rigueur (7x7 !) Mais le concours est aussi ouvert que possible, accueillant tous les formats artistiques, ce qui devrait permettre toutes sortes d'interprétations.

L'histoire de ce concours est, elle aussi, singulière : l'objet a été retrouvé dans les archives des Beaux-Arts d'Avignon par Jean de Loisy, qui a proposé l'idée de ce concours de règle aux deux commissaires de l'exposition, afin de redonner vie à cet objet.

Si vous remportez ce concours, vous pouvez gagner un voyage... en Grèce (belle solidarité européenne). ll faut simplement envoyer une règle avant le 6 février 2012. Les règles lauréates seront également publiées sur le site du Centre Pompidou-Metz.