
Si vous êtes à Paris, précipitez-vous à la galerie Lavignes pour voir l’exposition Blexbolex, jusqu’au 17 novembre 2012, qui fait retour sur 20 ans de création. Elle est conçue par la galerie nomade Arts Factory.
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Si vous êtes à Paris, précipitez-vous à la galerie Lavignes pour voir l’exposition Blexbolex, jusqu’au 17 novembre 2012, qui fait retour sur 20 ans de création. Elle est conçue par la galerie nomade Arts Factory.
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Il y a quelque temps, nous rendions visite aux éditions Volumiques, cette maison d’édition qui associe outils numériques et formats propres aux jeux de société traditionnels. Les bureaux nichées dans un ancien bâtiment industriel abritent une équipe dont les profils vont du romancier à la conceptrice de pop-up, du graphiste à l’ingénieur spécialiste de jeux vidéo… En somme, une sorte de laboratoire idéal du jeu de société 2.0.
La maison travaille notamment beaucoup avec les iPad et iPhone. La tablette d’Apple se place alors souvent à l’horizontal pour servir de plateau de jeu interactif. Des nouveaux types de pions ont vu le jour : l’iPhone lui-même peut servir de pion sur un plateau cartonné, l’iPad peut « reconnaître » un pion et y lire certains informations, ou encore des figurines reliées par une fibre optique à un iPad peuvent reproduire à leur sommet l’image lumineuse qui s’y trouve… par exemple un visage doté d’expressions changeantes au fil du jeu. Tous ces procédés offrent des possibilités nouvelles et très stimulantes aux auteurs de jeux.
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Google célèbre aujourd’hui Winsor McCay et sa célèbre bande-dessinée Little Nemo in Slumberland, avec un bandeau de page d’accueil dépliable et animé. Bel hommage !
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Le talentueux Grégoire Guillemin revisite l’univers des super-héros et des comics américains en les passant au filtre d’une esthétique très années 1920.
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Françoise Mouly publie cette planche d’Art Spiegelman sur le tumblr de sa maison d’édition, Toon Books. Elle est initialement parue dans le New Yorker.
Qu’en pensez-vous ?
United Dead Artistes, maison d’édition consacrée aux arts graphiques, fait paraître une série de « vignettes Panini » revisitées… Dès le 6 septembre, on pourra ainsi acquérir (pour 2 euros) une pochette de cartes contenant des œuvres d’artistes inédites – et se délecter de leurs personnages pop, gores ou flamboyants.
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Martin Vidberg est dessinateur de presse, auteur du blog à succès « L’actu en patates », sur le site du Monde. C’est aussi un amateur de jeux de société, membre du jury du Festival international des jeux de Cannes, qui évoque régulièrement les jeux sur son blog. Nous l’avons rencontré à l’occasion des Rencontres Ludopathiques d’Etourvy en mai dernier.
Comment as-tu été amené à parler des jeux dans « L’actu en patates » ?
Je l’ai fait, comme toute personne qui participe au monde des jeux, par plaisir. Ce n’était d’ailleurs pas forcément très malin parce que les gens aiment bien vous identifier à quelque chose de très particulier, et comme je suis dans le dessin de presse, en plus sur Le Monde, ce n’est pas forcément une bonne idée que de faire des choses différentes. Au début, les gens, dans les commentaires, se demandaient ce que venaient faire des notes sur le jeu. Certains se demandaient si c’était un « publi-communiqué » ! J’ai continué parce que ça me fait plaisir, et j’ai toujours fonctionné comme ça. Cela fait presque trois ans maintenant que j’en parle et maintenant c’est complètement accepté. J’ai changé aussi la façon dont j’en parle : au début, je faisais des textes avec des images, tandis qu’aujourd’hui, je fais des notes dessinées, c’est beaucoup mieux intégré au blog. Et plus ça va, plus j’ai envie d’y passer du temps, et d’en faire peut-être moins, mais mieux scénarisées et intégrées au blog. Et ça fonctionne mieux, la dernière a été beaucoup reprise sur Facebook, qui est un peu l’indicateur du succès !
Sur quel sujet portait ce dessin ?
Une étude a démontré que les gens qui lisent et qui jouent à des jeux de société avaient 40 % de chances en moins de développer Alzheimer à un âge avancé. Bon, c’est une étude à la noix comme il y en a des centaines, mais j’ai fait une petite note en disant que c’était peut-être vrai, mais quand on voit le tour de taille des gens qui jouent aux jeux de société, ce n’est pas si encourageant. Cela permet aussi de dire qu’on réfléchit un peu quand même… J’ai envie d’aller vers des planches qui parlent du plaisir de jouer, et montrent ce qu’on ne voit pas quand on lit une règle du jeu. J’essaye de faire des dessins qui montrent l’ambiance du jeu de société, le groupe…

Tu as illustré deux jeux sur la politique : Casse-toi pauv’ con et Si j’étais président… Était-ce un engagement de ta part ?
Non, pas du tout. Comme je fais du dessin politique, l’éditeur [Cocktail Games] a pensé à moi pour illustrer ce jeu. Ce sont des jeux qui détonnent un petit peu dans le milieu du jeu, qui sont sur des thèmes qui peuvent paraître porteurs, ce qui n’est pas forcément le cas d’ailleurs. Je les ai faits pour participer un petit peu au monde du jeu, parce que j’aime bien ça. Si j’étais président…, on n’avait pas prévu de le faire : on en a discuté, j’ai envoyé un mail à [l’auteur] Ludovic Maublanc en disant, « ce serait bien si on formait un gouvernement ». Cela lui a donné une idée et il a écrit le jeu.
Moi, faire de la politique, je m’en fiche un petit peu, c’est un domaine qui m’amuse quand il s’agit du dessin de presse, mais quand on regarde mes dessins, on voit qu’ils ne sont pas très politiques non plus. Ils jouent sur l’absurde, sur la dérision, mais pas sur les questions politiques en tant que telles, à l’exception de certains thèmes comme l’éducation, qui me touchent plus. Pour les autres, j’essaye surtout d’amuser les gens. Je suis le divertissement du site.
Quel est ton métier initialement ?
Je suis instituteur, j’ai passé dix ans en tant qu’instituteur et maintenant je dessine. Pour l’instant ça marche, mais c’est comme auteur de jeux : tu sais quand ça marche, mais tu ne sais pas du tout ce que tu vas avoir l’année d’après.
Pourrais-tu envisager de redevenir enseignant ?
Oui bien sûr. Je ne suis pas sûr d’avoir envie de faire du dessin de presse toute ma vie. Cela fait cinq ans que j’en fais, il y a des périodes où j’ai moins envie… J’ai du mal à me projeter dans dix ans. J’ai eu la vocation d’être instituteur, j’ai adoré ça, mais au bout d’un moment j’ai commencé à dessiner, et je dessinais tellement que je n’avais plus de loisirs du tout, et j’ai eu besoin de prendre une année pour me reposer un peu. Cela fait deux ans que je ne fais que du dessin. C’est aussi chouette de changer de vie, d’avoir la possibilité de passer à autre chose…
Vois-tu des parallèles entre la BD et le jeu, dans les processus créatifs ou les formes de narration qu’ils engagent par exemple ?
Sur l’aspect créatif, je ne pense pas qu’il y ait de point commun. Le dessin est une activité extrêmement solitaire. Après, l’objectif final est de partager quelque chose avec quelqu’un d’autre et à ce titre, on peut faire des parallèles. On pense toujours au destinataire. Si on a une super idée, on jubile. Quand cela m’arrive, je reste un peu bloqué sur mon écran, j’ai envie de voir les réactions… C’est l’avantage du blog, par rapport au dessin de presse papier.
Le produit final n’a rien à voir, car ce n’est pas le même support, mais il y a des analogies dans les processus de recherche. Lorsque je discute avec les auteurs de jeux, je vois qu’ils ont besoin d’organiser leur journée de la même façon. Je parle de ceux qui sont vraiment auteurs de jeux à temps complet, ce qui est déjà très rare et très risqué… En fait, dans l’idéal (parce qu’on n’y arrive jamais), il faut essayer de se préserver des moments où on a l’esprit totalement aéré, où l’on n’a rien à faire, par exemple lorsqu’on conduit. [L’auteur de jeu] Bruno Cathala me dit qu’il fait deux heures de vélo par jour parce qu’il a l’esprit vide, et quand tu as l’esprit vide, ton esprit gambade comme toi, il passe d’une idée à une autre, et ces moments-là, qui sont rares et précieux, permettent de créer des petites choses. Mais tu ne l’as pas quand tu es assis en face d’une feuille blanche, à la table avec un crayon, en te disant « voilà, je vais trouver une idée ». Cela naît un peu n’importe comment. Beaucoup de dessins de presse me sont venus sous la douche. C’est pour ça que je passe des longues douches et que ça me coûte cher !
Tu dois trouver des idées pratiquement tous les jours ?
Le jeu, c’est à la limite encore plus dur que le dessin de presse, dans la mesure où dans ce dernier, il y a des recettes, des trucs qui fonctionnent si je n’ai pas du tout d’idée. Je pourrais presque faire une liste… Par rapport aux autres dessinateurs de presse, je travaille aussi sur la bande dessinée. Même une idée moyenne, si j’ai le temps, je peux l’améliorer en la mettant en six cases, en mettant des petites blagues entre les cases… En BD, on peut faire passer des choses beaucoup moins drôles et les rendre très bien quand même. Question de ton. Par contre pour le jeu, si on cherche vraiment à faire un truc original, c’est costaud. J’adorerais faire des jeux de société, mais je n’ai pas le temps et je n’y réfléchis jamais.
Qu’est-ce que tu regardes chez les hommes politiques, qui peut susciter un dessin ?
Je regarde s’ils sont faciles à dessiner. On me demande souvent si on doit lire énormément la presse pour être dessinateur de presse. Moi je la lis par plaisir, mais il ne faut pas trop rentrer dans les trucs pointus. Parfois, des gens m’envoient un article qu’ils ont lu sur internet et qu’ils ont trouvé drôle, et justement dans ces cas-là ce n’est plus la peine de faire un dessin. Et puis, il ne faut pas que ce soit trop pointu, il faut que les gens connaissent déjà l’actualité en question. Idéalement, pour trouver un thème sur lequel dessiner, il faudrait aller dans un bistrot et écouter de quoi les gens parlent. On est obligé de dessiner sur des sujets que tout le monde connaît.

On parle peu des jeux dans les médias. Est-ce une raison pour laquelle tu en parles dans le blog ?
Le jeu passe pour un produit commercial, et c’est vrai qu’il n’y a pas de rubrique de jeux dans les pages « culture », ce sera plutôt dans les pages « loisirs », etc. Je ne sais pas comment cela se passe en Allemagne, si c’est vraiment considéré comme un produit culturel… Quand on voit la tournure du Spiel [important festival de jeux à Essen en Allemagne], on se demande s’ils vont vers la culture ou vers le commercial… En tout cas en France, ce n’est pas tout à fait intégré comme produit culturel.
Pour ce qui est du blog, je ne me donne pas des objectifs très élevés. Je veux que les gens changent leur image du jeu, c’est tout. Quand on parle de jeu de société à n’importe qui, on évoque le Trivial Pursuit et le Monopoly. J’ai envie que les gens qui sont aptes à jouer et qui ont envie de ça aillent vers le jeu, parce que le Monopoly et le Trivial Pursuit, ce n’est pas du tout ce que je préfère. Après, je ne me donne pas comme mission de faire du jeu un produit culturel, je ne suis pas sûr que l’on puisse y arriver, et puis ce n’est pas un combat non plus essentiel !
Tu travailles parallèlement sur des BD ?
Oui, j’ai un problème de temps quand même, pour tout gérer. Tous les ans, on fait un recueil du blog maintenant. J’aimerais aussi faire un bouquin sur l’éducation, sur le même ton que ce dont je parlais au début sur le jeu de société, des petits moments, un peu comme dans La première gorgée de bière de Philippe Delerm, pour donner une image de ce que j’aimais dans l’école.

Qu’est-ce qu’un bon jeu pour toi ?
Il y a beaucoup de bons jeux, beaucoup plus qu’on ne dit. Cela dépend de l’assistance. Il y a des jeux qui ne marchent pas, les règles ne fonctionnent pas très bien, c’est assez évident. C’est facile de dire qu’un jeu est mauvais, mais qu’un jeu est bon, c’est plus compliqué. Un jeu génial peut faire un four avec certains joueurs. Il n’y a pas de définition. Vous avez une définition, vous ? C’est pour cela que l’on a du mal à parler de produit culturel, parce qu’il est difficile de parler de chef-d’œuvre pour un jeu de société. Un jeu, c’est un équilibre entre plein de choses : l’illustration, le thème, la mécanique, le travail d’édition… Plein de choses entrent en compte.

Images : © Martin Vidberg (avec son aimable autorisation)
Voici le site de Martin Vidberg et son blog. On trouve sur son site quelques jeux éducatifs maison, fort intéressants, tels ce mandala ci-dessus…
Un grand merci à Martin Vidberg pour sa disponibilité. Notez qu’il sera à « Paris est ludique » le samedi 23 juin pour une séance de dédicaces.
Martin nous avait aussi fait le plaisir de dédier un billet à notre jeu, Et Toque!…
Retrouvez ici notre entretien avec l’auteur et illustrateur Dominique Ehrhard.
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« Winsor McCay, the famous cartoonist of the N.Y. Herald and his moving comics… »
Pour adapter sa célèbre bande-dessinée, McCay s’engage à réaliser 4000 esquisses en un mois, reçoit d’énormes caisses de papier et des bidons d’encre chez lui, sue sang et eau à son bureau, fait tomber ses piles de dessins et en brouille l’ordre… Miracle du cinéma, le dessin animé surgit à la fin du film, en couleur. Une sorte de Mystère Picasso de la bande-dessinée, l’humour en plus.